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Après trois saisons de Grey's anatomy, Kate Walsh s'en va vivre de nouvelles aventures dans Private practice. Elle nous explique comment son personnage, qui ne devait rester que quelques épisodes, est devenu un pilier de la série médicale et parle de son avenir en Californie.
Dans Grey's anatomy, même si vous étiez la femme légitime, vous étiez "l'autre femme", ce qui avait un côté un peu tragique. Dans la série dérivée autour d'Addison, Private practice, vous êtes un peu différente, la vie qui vous attend est plus heureuse, apparemment.
Je crois que c'est une évolution naturelle pour Addison : elle a traversé un divorce et toute personne qui sort d'une rupture, quelle qu'elle soit, vit aussi après une sorte de renaissance. C'est pour ça qu'au début, quand on la voit se balader en décapotable en Californie, il y a une impression de félicité. Tout à l'air génial, mais évidemment, rien n'est aussi simple... Ca va être intéressant. Il y a une vraie évolution du personnage depuis le début : quand elle est arrivée dans la série, elle était un peu l'affreuse sorcière, mais on voit que ce n'était qu'un vernis. Peu à peu, les choses se développent et c'est extrêmement enthousiasmant pour moi en tant qu'actrice.
C'est vrai que le rôle est tellement bien écrit qu'il est difficile de détester Addison, c'est vraiment quelqu'un de fascinant.
Les scénaristes font un travail formidable, ils n'en font pas un personnage caricatural et parviennent à rendre les choses complexes, ce qui, en outre, en fait un outil dramaturgique extraordinaire. Au moment où on pense qu'on va la détester, on aperçoit ses côtés vulnérables derrière sa carapace et on finit par la comprendre et par prendre son parti, dans le triangle amoureux qu'elle forme avec Meredith (Ellen Pompeo) et Derek (Patrick Dempsey). Moi même, j'aurais aimé que leur couple marche. Je ne veux pas jouer les rabats-joie, mais bon, c'est mon boulot, alors je prêche pour ma paroisse ! Même si j'avais un peu le sentiment d'être l'élément pertubateur de l'histoire.
Comprenez vous son angoisse liée à son horloge biologique et à son désir d'enfants ?
Oui, je crois que toute femme qui a passé 30 ans est consciente de son horloge biologique, surtout si elle travaille. L'éternel problème du choix entre carrière et maternité...
Donc, Private practice est encore une autre série qui parle d'une femme qui essaie de tout concilier, si tant est que ce soit possible...
Personnellement, je crois que le rêve de pouvoir tout concilier est un beau rêve, mais je ne sais pas si c'est vraiment faisable. Dans la série, je crois qu'on va réfléchir à la question et que ce sera intéressant, il y a beaucoup à dire sur le sujet. Mais il est important tout d'abord de clarifier une chose : il ne s'agit pas de Grey's anatomy à Los Angeles, il s'agit d'une série tout à fait différente. C'est aussi une série chorale, sur un groupe de personnages, c'est aussi né de l'imaginaire de Shonda Rhimes, on retrouve sa remarquable plume et cet équilibre entre drame et comédie, mais c'est une toute autre histoire qui offre une grande amplitude de sujets liés à l'assurance médicale. Ca va être intéressant de voir comment la médecine est pratiquée là-bas, à Santa Monica, qui est considérée comme une communauté riche et principalement blanche, quand on travaille dans un cabinet médical, dans une petite entité en lutte contre les assurances, les hôpitaux, les règles et règlements. Il y a beaucoup à dire. Sans parler des problèmes spécifiques aux femmes, de droits et autres.
Vous donnez l'impression de tous bien vous entendre, avec les acteurs de la série. Quel est le secret de bonnes relations entre comédiens ?
Ce sont tous des acteurs chevronnés et talentueux et des gens bien et intelligents. J'ai un peu l'impression de me retrouver face à de grands athlètes. Je suis très curieuse de tous, j'admire leur talent et je trouve enthousiasmant d'avoir l'occasion de travailler avec eux et d'essayer de garder le rythme. Et tout ça est bien plus intéressant que tout ce qui pourrait se passer hors caméra sur le plateau...
Etiez-vous soulagée de quitter le plateau tendu de Grey's anatomy ?
Je n'y pense pas en ces termes. Honnêtement, j'aime tous les gens que j'ai rencontrés sur la série et je les fréquente encore beaucoup en dehors du boulot. J'y pense comme l'expérience unique qui m'a été donnée de travailler sur une série qui est un succès médiatique et un véritable phénomène culturel. Nous avons eu une année difficile, c'est vrai, Shonda Rhimes, la créatrice, en a parlé, alors inutile de le nier. Mais moi, vous savez, j'étais très concentrée sur mon boulot. Il faut bien comprendre que le plateau est avant tout un lieu de travail, toutes les histoires en coulisses, les tensions, c'était difficile, mais on était là pour travailler. Et puis, à partir du moment où on m'a parlé de la série dérivée, je n'ai plus pensé qu'à ça. J'étais débordée : on a tourné le pilote en même temps qu'on finissait la saison de Grey's anatomy !
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