Private practice
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MARIE FRANCE #153
 

Une notoriété grandissante, une série rien que pour elle et un mariage tout frais. Kate Walsh, née le 13 octobre 1967 à San José, en Californie, entre sereine dans la quarantaine. Inconnue en France il y a encore un an, la jolie rousse, plutôt abonnée aux seconds rôles, a explosé avec la série Grey's Anatomy. Elle y incarne le chirurgien obstétricien Addison Forbes Montgomery Shepherd, femme ambitieuse et adultère qui se révélera sensible et vulnérable. A l'origine, la belle ne devait faire qu'un passage éclair, mais les téléspectateurs sont tombés sous le charme, et elle est restée. En deux saisons, elle s'est même imposée comme l'une des figures phares de la série à succès (la saison 3, diffusée cet été sur TF1, a réuni 7 millions de téléspectateurs chaque lundi soir). A tel point qu'Addison est devenue le personnage principal d'une autre série, Private practice, actuellement diffusée aux Etats-Unis et que l'on devrait découvrir en France, courant 2008. Avec son mètre soixante-dix-huit, ses faux airs de Catherine Deneuve et son ardente chevelure rousse, on l'imagine sans peine en beauté froide, plus irlandaise, comme son père, qu'italienne, comme sa mère. En réalité, ses cheveux sont blonds - elle les a teints afin de gagner le petit côté pervers qui lui manquait pour interpréter Addison. Dotée d'une classe folle, Kate Walsh n'en garde pas moins humour et simplicité. Lorsqu'on évoque l'époque où, partie au Japon enseigner l'anglais, elle s'est retrouvée à jouer les mannequins pour des magazines nippons, elle répond que c'était dans les années 1980, quand les Japonais transformaient toutes les Américaines de plus d'un mètre soixante-dix en top model. Par ailleurs, ce n'est pas parce que sa carrière prend de l'ampleur qu'elle néglige sa vie sentimentale : elle vient d'épouser son fiancé, Alex Young, coprésident de la production à la Fox. un mariage "intime", pas plus d'une centaine d'invités, parmi lesquels ses partenaires de Grey's anatomy. La lune de miel aura été de courte durée, juste le week-end prolongé du Labour Day, le 1er septembre. Car, au lendemain de cette "fête du travail", il lui fallait reprendre dare-dare le chemin des studios. Si Kate Walsh a longtemps couru les petits cachets, elle est désormais bien installée sur le devant de la scène.

Qu'avez-vous ressenti quand vous avez obtenu le rôle du Dr Addison Forbes Montgomery Shepherd dans Grey's anatomy, en 2005 ?

J'étais terrifiée. Quand j'ai lu le scénario pour la première fois, j'ai adoré. J'étais très heureuse de pouvoir jouer un personnage aussi charismatique. Au départ, tout ce que je savais, c'est que j'étais la femme du Dr Shepeherd, incarné par Patrick Dempsey, et que notre couple était séparé. Et aussi que j'avais quatre noms et que j'étais une gynécologue obstétricienne qui devait porter du Prada ! (Rires.)

Et votre première impression sur le personnage ?

J'ai pensé que ce serait vraiment amusant de jouer quelqu'un de solide, une spécialiste dans son domaine, plutôt autoritaire et arrogante mais qui, derrière les apparences, reste, en fait, très vulnérable.

Il y avait apparemment beaucoup de tensions sur le tournage de la dernière saison de la série. Etaient-elles inévitables ?

Presque. En fait, il se trouve que nous sommes célèbres et exposés dans une société qui veut observer le moindre détail à la loupe. Je pense qu'il n'est pas possible de jouer la comédie dans une cocotte-minute durant seize, voire dix-huit heures par jour sans qu'il y ait de petites explosions de temps en temps. Vous ne pouvez pas être vulnérable et émotif en interprétant des scènes, puis être totalement déconnecté une fois le tournage terminé. Ceci dit, nous avons toujours réussi à dépasser les tensions.

Quelle a été votre réaction au printemps dernier, quand les productrices Shonda Rhimes et Betsy Beers vous ont appelée pour vous dire que vous alliez avoir votre propre série, Private practice, dérivée de Grey's anatomy ?

Je ne m'y attendais pas du tout. Chaque fois que j'avais un coup de fil de l'assistant de Shonda je me disais : "Qu'est-ce que j'ai encore fait ?" Pour moi, c'est un peu comme être appelée dans le bureau du proviseur, j'ai toujours l'impression d'avoir fait quelque chose de mal.

Vous êtes-vous dit : "Ca n'est pas possible que ça m'arrive à moi" ?

En fait, c'est un peu comme si j'étais sortie de mon corps et que j'avais observé le reste de la conversation à deux mètres au-dessus de la pièce. J'étais déjà consciente de la chance que j'avais de pouvoir travailler en tant qu'actrice, mais quand ce genre de choses vous tombe dessus, vous vous dites : "Waouh ! ma vie a entièrement changé", et c'est génial ! C'était surréaliste.

Etiez-vous nerveuse et inquiète ?

Oui, bien sûr, il y a toujours une certaine nervosité et une petite appréhension. Mais mon personnage et le scénario qu'ils avaient écrit pour moi étaient tellement excitants que j'avais envie de prendre ce risque. En fait, ce qui me rend vraiment nerveuse, c'est de me regarder à la télévision.

Vous semblez très satisfaite de participer à cette nouvelle aventure...

Absolument. J'ai une grande confiance dans le script, et le casting est fantastique. Nous avons Tim Daly (The nine, Grey's anatomy ou Les Soprano), Amy Brenneman (Judging Amy), Chris Lowell (Veronica Mars), Paul Adelstein (Prison break) et Taye Diggs (Kevin Hill).

Peut-on espérer, dans cette nouvelle série, des jeux de séduction entre les personnages, comme dans Grey's anatomy ?

Oui, attendez-vous à beaucoup de romance... et dès les premiers épisodes.

Vous venez de vous marier. Le désir de réussir en tant qu'actrice vous a-t-il fait repousser le moment de vous engager sérieusement et de vous installer dans une relation stable ?

Vous savez, je me sens encore partagée entre mon désir de profiter de la vie et celui de m'engager dans des choses plus sérieuses, comme fonder une famille. Mais pour le moment, ce que j'ai surtout, c'est du travail. Alors, même si je me dis que ça aurait été formidable si le succès était arrivé quand j'avais 27 ou 28 ans, je pense que je n'aurais pas eu la maturité nécessaire pour y faire face... et ne pas terminer en cure de désintoxication !

Comment avez-vous réagi quand des photos de paparazzis de vous et votre fiancé ont commencé à apparaître dans la presse ?

Je ne sais pas vraiment... Ce qui est sûr, c'est que ça rend un peu paranoïaque. Vous vous dites : "Est-ce que c'est mon chien qui me dénonce ? Est-ce que c'est mon chien qui passe des coups de fil aux paparazzis pour 50 dollars ?"

Aux Etats-Unis, beaucoup de gens ont appelé leur enfant, fille ou garçon, Addison. Qu'en pensez-vous ?

J'ai lu ça sur Internet. Apparemment, il y a une polémique pour déterminer s'il s'agit d'un prénom de garçon ou de fille. Les parents semblent aimer ce prénom pour les filles parce que inconsciemment, il inspire la féminité associée au pouvoir. En fait, je trouve ça fascinant. Cela dit, je pense que ce serait très étrange si les gens se mettaient à appeler leurs fils Mamour (le surnom donné au Dr Shepherd dans Grey's anatomy, ndlr) ! (Rires.)

Jouerez-vous à nouveau dans Grey's anatomy ?

Il est possible que je revienne, on ne sait jamais. Mais je crois que je n'ai pas à m'en faire. Quoi qu'il arrive, je pense que tout se passera bien pour moi. Il se pourrait que je fasse autre chose pour la télévision. Alors, ça devrait aller.
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